Honoré Tchatchouang

Honoré Tchatchouang
Honoré Tchatchouang
Courriel : honoretchatchouang[at]yahoo.fr

Date d'inscription

2018
 

Directeur de recherche
Claude Coste
 
Intitulé de la thèse
La question des « objets vivants » et leur conservation dans le contexte des chefferies de l’Ouest du Cameroun

Doctorat par le projet au sein de l'EUR Humanités, Créations et Patrimoine
 
Résumé de la thèse
Dans les chefferies Bamiléké, la patrimonialisation se traduit depuis plusieurs décennies par l’ouverture de musées. Ils ont la particularité de conserver des collections issues des communautés locales qui en sont les détentrices. Les pièces de musée sont sorties régulièrement pour être utilisées dans la vie sociale. L’exposition du patrimoine dans les musées requiert au moins deux groupes d’acteurs : d’une part, les serviteurs royaux en charge de la gestion coutumière, et d’autre part, les employés des institutions muséales. Le statut ambivalent des objets amène à s’interroger sur la pertinence des choix en matière de conservation, dans la mesure où ils sont calqués sur le modèle occidental. S’il est admis que la perception des patrimoines varie d’une culture à l’autre, il est aussi envisageable que les modes de préservation soient pluriels. Partant de l’étude des projets situés, la thèse explore les approches de gestion et de préservation alternatives qui font dialoguer savoirs communautaires et normes de gestion muséale. Les pistes de solutions proposées tiennent compte des réalités locales, des attentes des chefferies et des typologies d’objets à préserver. Cette recherche part de l’hypothèse que toute entreprise muséale prend sens selon le contexte culturel et s’inscrit nécessairement dans une action politique. La thèse défend l’absence d’une muséographie universelle et montre que la préservation et la valorisation du patrimoine dépendent largement de la société dans laquelle elles s’inscrivent.
 
Résumé de la thèse en anglais
For several decades, in Bamileke chiefdoms, patrimonialization has been equated with the opening of museums. These museums have the particularity of preserving collections from the local communities to which they belong. Museum pieces or artifacts are frequently exposed to play specific roles (or to fulfill specific functions) in the social life. This exhibition of the traditional patrimony requires the participation of at least two groups of actors: on the one hand, the royal servants in charge of customary management and, on the other hand, the employees of museums. The ambivalent status of the objects raises concerns about the relevance of conservation’s choices, mainly as conservation techniques are rooted on the Western model. If it is trueed that the approaches to traditional heritage vary from one culture to another, therefore, there is no one-size-fits-all mode of preservation. Based on case studies, this thesis explores alternative management and preservation approaches at the crossroads between community knowledge and museum management standards. The recommended solutions take into account local realities, chiefdoms’ expectations, and the types of objects to be preserved. This research is based on the hypothesis that any museum enterprise is inscribed in a cultural context and is necessarily part of a political action. The thesis argues for the absence of a universal museography and shows that the preservation and valorisation of traditional and cultural heritages depend largely on the society from which they emerge.

Exposition de biens coutumiers lors des funérailles d’une reine-mère à la chefferie Bamendjinda, octobre 2020. Photo : Clément Wandji.
Exposition de biens coutumiers lors des funérailles d’une reine-mère à la chefferie Bamendjinda, octobre 2020. Photo : Clément Wandji. - Exposition de biens coutumiers lors des funérailles d’une reine-mère à la chefferie Bamendjinda, octobre 2020 - Photo : Clément Wandji.