Flavie Serrière

Photo Flavie Serrière
Photo Flavie Serrière
Courriel : flavievps[at]mac.com

Date d'inscription
Novembre 2020

Directeurs de recherche
Chantal Lapeyre et Christophe Couteau, directeur du Laboratoire Light, nanomaterials & nanotechnologies - L2n Université de Technologies de Troyes (UTT) & CNRS ERL 7004

Intitulé de la thèse
Le traitement de la lacune en vitrail : de l’éblouissement à l'œuvre en mouvement

Doctorat par le projet au sein de l'EUR Humanités, Créations et Patrimoine

Résumé de la thèse
Le vitrail est un objet singulier peu étudié. Il est à la fois œuvre d’art à la couche picturale fragile et élément d’architecture participant à l’étanchéité de l’édifice. Limite visuelle poreuse, il filtre la lumière pour créer une vibration colorée qui accompagne et structure l’espace. Dans cette paroi lumineuse qui conserve toute sa valeur d’usage dans un édifice, la lacune se lit à différentes échelles : écaille de peinture, fragment ou pièce manquante, panneau dans une lancette, fenêtre dans une architecture. Chacune à leur niveau, ces lacunes viennent rompre la lisibilité de l’œuvre et de l’architecture en imposant un éblouissement. Le vitrail, par sa position entre intérieur et extérieur, par sa nature transparente et fragile pose, au moment de sa restauration et de sa repose in situ, la question du traitement des lacunes. Comment redonner sa lisibilité à une œuvre ancienne ? Que veut-on donner à voir ? Voulons-nous ignorer la lacune ou la considérer comme vecteur de création ? Mes recherches s’appliqueront à questionner nos pratiques actuelles de conservation et de restauration et particulièrement l’approche du complément de lacune à travers l’étude de chantiers d’époques et de problématiques différentes. Nous croiserons l’optique, la plasmonique (interactions lumière-matière) avec la restauration et la démarche créative. Nous confronterons le réel de la pratique quotidienne à la doctrine et à la déontologie tout en menant la critique du processus de création d’une œuvre d’accompagnement.

Résumé de la thèse en anglais
Stained glass is a singular object that has been little studied. It is both a work of art with a fragile pictorial layer and an architectural element that contributes to the waterlightness of the building. As a porous visual boundary, it filters light to create a colourful vibration that accompanies and structures the space. In this luminous wall that retains all its value for use in a edifice, the lacuna can be read at different scales: paint flake, fragment or missing piece, panel in a lancet or window in an architecture. Each at its own level, these lacunas break the legibility of the artwork and the architecture by imposing a glare. The stained glass, by its position between inside and outside, by its transparent and nature, raises, at the time of its restoration and resting in situ, the question of how to deal with the lacunas. How to restore the legibility of an old work of art? What do we want to show? Do we want to ignore the lacuna or consider it as a vector of creation? My research will focus on questioning our current conservation and restoration practices and particularly the approach of the complement of lacunas through the study of sites from different periods and with different problems. We will cross optics, plasmonics (light-matter interactions) with restoration and the creative process. We will confront the reality of daily practice with doctrine and deontology while leading the critique of the process of creation of an accompanying work.

Illustration thèse Flavie Serrière
Illustration thèse Flavie Serrière

La lacune dans le vitrail : un éblouissement.
De gauche à droite en haut : exemple du rideau posé au XIX° siècle sur une lancette vide du vitrail des Triomphes de Pétrarque à Ervy-le-Chatel (10) pour cacher le contre-jour. Trois panneaux manquants de la baie 15 de la même église. Les animaux à sacrifier de la baie de l’Eucharistie de St Etienne du Mont (Paris), le retrait des plombs de casse a occasionné des vides.
En dessous : observation au microscope de lacune de grisaille non cuite. Vitraux de 1938 de Notre Dame de Paris. Cathédrale de Troyes : les lancettes en vitrerie autour de l’arbre de Jessé du XIII° siècle empêchent sa lecture en l’éclaboussant de lumière.