le 30 novembre 2021
Publié le 3 novembre 2021 Mis à jour le 8 novembre 2021

Exhumer les mémoires de l'esclavage

© CY Cergy Paris Université

Mardi 30 novembre 2021 de 17h30 à 19h00 au Palais de la Porte Dorée, dans le cadre du cycle de conférences "Archéologie dans la cité", conférence-débat "Exhumer les mémoires de l'esclavage" avec André Delpuech, directeur du Musée de l’Homme et Dominique Taffin, directrice de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage ; débats-discussions animés par Anaïs Kien, journaliste.

Ces dernières décennies, une archéologie de l’esclavage s’est développée dans les Amériques, dans l’océan Indien et aussi en Afrique, apportant des informations documentaires inédites sur l’histoire coloniale au sein de laquelle les populations asservies deviennent ainsi visibles là où les archives écrites sont silencieuses. Cette archéologie du modeste fait son apparition dans des sources très inégales où les colonisateurs tiennent une place dominante à tous égards, mettant en avant les édifices militaires, églises, les maisons d’habitation, ou encore les moulins, les usines à sucre, les caféières, etc. Les vestiges des villages précaires des esclaves, des rues “cases nègres”, des lieux de sépultures sans parler des camps des esclaves fugitifs sont, bien plus discrets et difficiles à déceler.

Entre Dominique Taffin et André Delpuech, ce nouvel épisode d’Archéologie dans la cité est l’occasion d’un regard croisé entre les données issues des archives du sol et des documents écrits. Il s’agit également d’aborder les questions mémorielles pleinement d’actualité autour de cette histoire tragique de la déportation et de l’asservissement de millions d’Africains durant plusieurs siècles.
 
André Delpuech
Conservateur général du patrimoine, André Delpuech est directeur du musée de l’Homme de Paris depuis 2017. De 2005 à cette date, il a été responsable des collections des Amériques au musée du quai Branly-Jacques Chirac. De 1992 à 1999, il a été conservateur régional de l’archéologie de la Guadeloupe, puis chercheur à l’UMR “Archéologie des Amériques” (Université de Paris I et C.N.R.S.), avant de diriger, en 2002, le bureau de la recherche archéologique à la sous-direction de l’Archéologie du ministère de la Culture et de la Communication. Ses recherches portent plus spécifiquement sur les sociétés amérindiennes des aires caribéennes et amazoniennes, sur l’histoire de la colonisation des Amériques et de l’esclavage transatlantique, mais aussi sur les cabinets de curiosités et l’histoire des musées d’anthropologie et de société. Derniers ouvrages dirigés, en 2014 “Archéologie de l’esclavage colonial”, aux éditions La Découverte, et en 2017, “Les années folles de l’ethnographie. Trocadéro 28-37” aux éditions du Muséum national d’Histoire naturelle.
Dominique Taffin
Archiviste-paléographe, conservatrice générale du patrimoine depuis mai 2012, Dominique Taffin est directrice de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage depuis deux ans, après avoir dirigé les Archives de la Martinique de 2000 à 2019. Elle conjugue une longue expérience dans les archives et dans les musées : conservateur-adjoint aux Archives d’outre-mer (Aix-en-Provence) en 1985, elle rejoint le musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie (Paris) de 1992 à 2000 où elle a eu en charge la gestion du fonds “colonial” du musée. Dans le champ caribéen, elle a travaillé à la valorisation des archives au sein du patrimoine culturel des Antilles, comme au développement des bonnes pratiques archivistiques, et à la prise en compte du numérique. Elle a ainsi initié la Banque numérique des patrimoines martiniquais (2010) et a écrit ou coordonné de nombreuses publications sur l’histoire et le patrimoine des Antilles (catalogues d’expositions, actes de colloques, articles). Elle a présidé l’Association des archives antillaises/Caribbean Archives Association (CARBICA), branche du conseil international des Archives de 2010 à 2014.

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