le 11 mai 2026
Publié le 30 avril 2026 Mis à jour le 30 avril 2026

Les restes humains dans la Cité : pratiques et déontologie

Les restes humains dans la Cité. Pratique et déontologie
Les restes humains dans la Cité. Pratique et déontologie

Conférence du cycle d’Archéologie dans la Cité : « Les restes humains dans la Cité. Pratique et déontologie » Le 11 mai 2026 à 18h au musée de l’Homme

Inscription gratuite mais obligatoire
La question des restes humains est devenue un sujet majeur dans le monde contemporain, tant pour les scientifiques que pour la société. Longtemps, cette part matérielle si particulière de l’humanité n’a guère été sur le devant de scène, tue pudiquement, ne suscitant ni débats ni revendications. L’histoire des sciences comme celle des populations ou de la géopolitique a changé la donne, y compris dans le champ de l’archéologie : sur le terrain où les méthodes changèrent à partir des années 1970 ; en laboratoire où l’on a pu dater ces ultimes témoins matériels de vie par le radiocarbone à partir de 1950, puis ouvrir d’immenses possibilités grâce, notamment, aux études paléogénétiques. Parallèlement, le rapport des vivants à la mort, la gestion des suites des décolonisations ou des morts violentes de guerre, la volonté de repenser les rituels funéraires et la place des restes humains a bousculé tous les acteurs concernés par ces restes : archéologues de terrain, scientifiques en laboratoire, restaurateurs en charge de préserver ces données, élus en charge des politiques publiques et des législations, etc. Chacun, soucieux de ces évolutions et attentif à apporter les meilleures réponses possibles tout en conciliant parfois l’inconciliable, réfléchit, dialogue, agit et propose des solutions. Le dossier est sensible, complexe, parfois difficile.

Cette nouvelle conférence du cycle « Archéologie dans la Cité » propose d’en aborder différents aspects, en réunissant quatre actrices et acteurs qui ont, chacun à leur manière, à traiter de cette question fondamentale des restes humains dans la Cité.

Table ronde modérée par Aurélie Clemente-Ruiz, directrice du Musée de l’Homme

 

Céline BON est maîtresse de conférences au Muséum national d’Histoire naturelle (Laboratoire Ecoanthropologie, UMR 7206, MNHN, CNRS, Univ. Paris Cité) et spécialiste de paléogénétique. Ses recherches portent sur l’étude des populations humaines passées, en croisant archéologie, anthropologie biologique et génomique, pour reconstituer mouvements de populations et métissages. Elle coordonne plusieurs projets structurants autour de l’étude génétique des restes humains archéologiques, notamment le projet beDNA, consacré à la constitution raisonnée de collections à vocation paléogénétique.

Laure CADOT est conservatrice-restauratrice indépendante spécialiste des matériaux organiques et des problématiques de patrimonialisation et de conservation des restes humains. Ses recherches fondées sur 20 ans d'expérience en musées et institutions, ont pu se prolonger pendant l'année de résidence qu'elle a passé à l'Académie de France à Rome - Villa Médicis en 2023-2024 et qui a abouti avec l'organisation du colloque international "Conserver les restes humains" en janvier 2026 au musée du quai Branly - Jacques Chirac.

Christophe MARION est député de la 3e circonscription du Loir-et-Cher. Historien et homme politique français, il est membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation depuis 2022. En 2023, il est rapporteur de la proposition de loi relative à la restitution de restes humains appartenant aux collections publiques et présente avec ses co-députés une proposition de loi relative aux demandes de restitution de restes humains originaires du territoire national en 2025.

Stéfan TZORTZIS est conservateur du patrimoine au service régional de l’archéologie, direction régionale des affaires culturelles de Provence-Alpes-Côte d’Azur (ministère de la Culture). Archéo-anthropologue, docteur en anthropologie biologique et membre de l’unité mixte de recherche 7268 Anthropologie bioculturelle, droit, éthique santé(ADES – Aix Marseille Université, CNRS, EFS, Marseille), ses travaux scientifiques portent plus spécifiquement sur les ensembles funéraires et dépôts mortuaires en lien avec des contextes de mortalité extraordinaire, en particulier les contextes d’épidémie de peste durant l’Époque moderne, en s’attachant aux problématiques de la gestion des corps et de la ponction démographique.