le 8 novembre 2021
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Publié le 22 octobre 2021 Mis à jour le 22 octobre 2021

Ni île, ni cabane : émancipation et attachement aux lieux

Illustration autonomies 2
Illustration autonomies 2

Contribution de Rémi Astruc (PR CY) au séminaire "Autonomies ?" le lundi 8 novembre 2021, de 18h à 20h, en visioconférence

Alexandre Gefen CNRS-Sorbonne Nouvelle
Sandra Laugier Panthéon Sorbonne
Séminaire de recherche
Ouvert à toutes et à tous
Par Zoom, les lundis de 18h à 20h


Participation de Rémi Astruc (PR CY) au séminaire "Autonomies ?"
le 8 novembre 2021, de 18h à 20h,
avec une intervention collective intitulée : 
« Ni île, ni cabane : émancipation et attachement aux lieux »

Pour recevoir le lien zoom, écrire à gefen[at]fabula.org


L’autonomie, valeur morale et politique centrale de la modernité, et toujours encore objet de revendication et de désir, a fait l’objet en ce siècle de nombreuses critiques. Dans un monde d’individualisme, de mobilité et de concurrence, autonomie semble parfois l’autre nom de l’aliénation : principe de déliaison généralisée, de fragilisation des formes de soin et d’attention qui font la trame du tissu social, ou d’une morale enfermée sur elle-même,  ou d’une esthétique détachée et impuissante. L’éthique du care, la responsabilité envers l’environnement, la démocratisation et la repolitisation des arts, les liens forts et faibles des réseaux, la littérature mondiale, le partage des cultures populaires… semblent avoir progressivement ébranlé l’abstraction éthico-politique de l’individu indépendant et autonome ; de même la destruction des illusions de la maîtrise du soi, qui se donnerait sa propre norme.

Pourtant ni le paternalisme, ni le néo-colonialisme, ni le moralisme, ni les formes de contrôle social et de surveillance n’ont disparu et l’autonomie ou la confiance en soi, face aux menaces sur nos agentivités,  reste une valeur désirable, une aspiration qui guide les sujets politiques, une exigence dans les relations de couple, une ambition dans le vieillissement ou dans l’éducation…

Faut-il aider l’individu à devenir capable de « résilience », l’équiper de capacités propres ? Faut-il rendre aux écosystèmes leur autonomie du monde humain ? Faut-il encore désirer l’autonomie de la création ? Faut-il explorer les nouveaux espaces de liberté ouverts dans les possibilités de modification des formes de vie ?

Un désir d’autonomie peut-il être inclusif, partagé, son projet peut-il être une valeur commune ?   

C’est en examinant des zones de résistances autonomes, gestes d’écart et de disparition, affirmations éthiques ou artistiques individualistes, actions directes et désobéissances inciviles, comme au contraire des refus de l’autonomie imposée, pratiques d’attention et de réengagement, arts et critique relationnels, que l’on voudra réfléchir à la question. Car autant qu’un concept méritant une approche historique et analytique, l’autonomie est d’abord l’affaire de corps, de lieux, de contextes, de formes et de voix.
  • Lundi 18 octobre 2021 : Alexandre Gefen et Sandra Laugier : Introduction
  • 8 novembre 2021 : Rémi Astruc, Emeline Baudet, Alice Desquilbet et Xavier Garnier... depuis ZoneZadir : « Ni île, ni cabane: émancipation et attachement aux lieux »
  • 13 décembre 2021 : Alain Ehrenberg : « Neurosciences cognitives et idéaux d’autonomie »
  • 7 mars 2022 : Pascale Molinier : « Care et autonomie »
  • 4 avril 2022 : Virginie Maris : « L’autonomie des milieux naturels »
  • 31 janvier 2022 : Catherine Nesci : « Féminisme et autonomie relationnelle »
  • 16 mai 2022 : Marie Gaille : « Pour une conception mésologique ou situationnelle de l’autonomie »