(2ème édition)
En distanciel (Zoom)
https://cnrs.zoom.us/j/94616962119?pwd=05abIhtRa5UHhjKgOCz3CNVhxfSO3N.1
ID de réunion: 946 1696 2119
Code secret: F2A66h
Un premier cycle de séances en 2024 a permis de rassembler et décrire plusieurs initiatives actuelles en médecine narrative. Elles se multiplient sans nécessairement se connaître, car elles émanent de structures différentes et d’acteurs différents, appartenant aux secteurs de la santé ou à ceux de l’enseignement et de la recherche sur l’écriture et le récit. Ce panel continue à évoluer, mais commence à se structurer, dans le panorama plus général d’une éthique du care, qui ne se limite pas au déploiement de protocoles médicaux, mais concerne des domaines toujours plus nombreux et sensibles à la vulnérabilité des équilibres et des relations humaines. Le séminaire se prolonge en 2025 avec de nouvelles séances d’1h sur un mode distanciel. Il s’agit toujours de solliciter des échanges interdisciplinaires et d’engager des réflexions sur le développement de la médecine narrative, dans le cadre de projets en cours ou en préparation. S’y adjoint l’objectif complémentaire du rassemblement d’un matériau expérientiel permettant de mieux cerner l’agentivité du récit dans le cadre général du « prendre soin » et de dissiper d’éventuels malentendus, ou suspicion de dimension dérivative ou récréative dans les protocoles de médecine narrative.
Nous proposons d’interroger l’hypothèse centrale selon laquelle le récit a sa place, et une place loin d’être négligeable, dans le soin. Les principes posés d’abord par Rita Charon, à l’université de Columbia, stipulent que le récit du patient entendu dans le cabinet médical est une source essentielle d’informations sur l’expérience de la maladie, donc sur ce qui permettra de concevoir ou d’adapter au sujet souffrant son parcours de soin. La médecine narrative est ainsi d’abord conçue pour développer chez le praticien une qualité d’écoute qui l’oblige notamment à dépasser l’injonction à l’urgence, symptomatique de sa profession. La perspective de l’assurance d’une économie d’attention bien gérée, empathique et soignante, est ainsi posée comme l’indice d’un équilibre professionnel à atteindre. À ce point de départ du développement d’une compétence narrative inscrite au rang des compétences professionnelles à acquérir dans une formation médicale, s’ajoutent à présent bien d’autres pratiques et enjeux de la médecine narrative. Elle conduit à la mise en place de protocoles fondés sur la pratique de l’écriture en ateliers qui s’adressent autant aux soigné·e·s qu’aux soignant·e·s. La démarche de départ est ainsi adaptée à des publics et des contextes différents, or l’axiome initial reste le même : le récit y est conçu comme un opérateur du « prendre soin ».
Pour interroger la nature effective du récit considéré et les représentations de son opérabilité, nous proposons d’interroger le récit marquant. Quel souvenir de récit ces professionnels du soin - que sont à la fois les personnels médicaux ou paramédicaux, les soigné·e·s ou les accompagnant·e·s - gardent-ils en mémoire ? La question qui leur sera adressée n’est donc pas directement : « Le récit a-t-il une vertu thérapeutique ? » mais pragmatiquement : « Quel intérêt, en tant qu’acteur du soin, trouvez-vous personnellement aux récits ? ».
Silvia Rossi interviendra le mardi 29 avril de 17h30 à 18h30 dans le séminaire « Repères en médecine narrative » organisé en distanciel par AMarie Petitjean.
Silvia Rossi est maîtresse de conférences en sciences de la formation, École de santé publique, Faculté de Médecine, Maïeutique et Métiers de la Santé, Université de Lorraine, Inserm, INSPIIRE.
Elle a réalisé une thèse en littérature italienne sur l'autopathographie et le cancer. Aujourd'hui, elle mobilise la narration dans des recherches participatives qui visent à améliorer le système de santé.
Auteure de Écrire le cancer, De l'expérience de la maladie à l'autopathographie, Téraèdre, 2019.
Sa communication s’intitule « Souvenirs de recherche : ce que les récits des personnes malades et des professionnel·le·s de santé nous font ». Elle sera suivie d’une discussion avec les participants.